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apprenez-nous à être généreux,
à vous servir comme vous le méritez,
à donner sans compter,
à combattre sans souci des blessures,
à travailler sans chercher le repos,
à nous dépenser sans attendre d’autre récompense
que celle de savoir que nous faisons votre Sainte volonté. »

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N° 52 – Mai/Juin 2010

Fleur dans le désert...

Sommaire

Editorial : Temps ordinaire?

Dossier: le Solaire israélien: «Lumière des Nations»'?

Billet: Piège en haute-mer

Actualité: Les Russes sont en première place du tourisme israélien

Actualité : Nabucco à Massada

AMIT Association de volontaires (Mitnadvim en hébreu) pour Israël et la Tora

«L'opération Grenier»: sauver les écrits de la Shoa

Les tombes de Josué ct de Caleb, un lieu de pèlerinage

Le rêve réalisé: Israël est membre de l'OCDE

Un siècle après

Qui est qui ? Antonio Barluzzi

Etude: Les deux livres des Maccabées

Flashes d'espoir: Des jeunes juifs et arabes font du théâtre

Histoire: Jules Isaac

Livre: « Le salut vient de Juifs », parole d'Evangile

Humour en finale

Editorial: Temps ordinaire?

Les fêtes de Pentecôte juive et chrétienne célébrant pour l'une le don de la Tora au Sinaï et pour l'autre la venue avec puissance du Saint Esprit qui écrit la Loi au fond du cœur, laissent place au temps « ordinaire» nous dit la liturgie ca­tholique, en attendant les prochaines fêtes en septembre pour les Juifs et en décembre pour les chrétiens. Mais en Israël, existe-t-il un temps « ordinaire» ?

Chaque jour nous apporte son lot d'événements nouveaux, de combats et de réconciliations, de divisions et de découra­gements, d'espoirs de paix ....

Hier une manifestation dans les rues de Jérusalem m'empêchait de revenir à la maison par le chemin habituel... Deux messieurs âgés m'ont hélée sur la route pour que je les prenne en auto-stop, désespérés de ne pas voir les bus arriver, ces derniers bloqués comme les voitures ..... Je les déposai au lieu qu'ils souhaitaient, et ils me bénissent au nom du Seigneur... C'est Jérusalem!

Un dernier numéro avant les vacances d'été: nous nous promènerons au sein de l'association Amit qui agit en faveur des enfants, nous lirons les deux livres des Maccabées, nous comprendrons mieux l'enjeu de l'utilisation de l'énergie solaire pour Israël qui est bien à la pointe ...

Bonne lecture et Bonnes vacances à chacun!

A.S.

Dossier:

Le solaire israélien

Myriam Ambroselli

« Lumière des Nations »

"La plus importante et la plus im­pressionnante de toutes les sources d'énergie dans notre monde, c'est le soleil, car il est la source de vie pour chaque plante et chaque ani­mal... Bien qu'elle soit la source la moins utilisée par le genre humain, cette énergie peut être convertie en énergie motrice, dynamique et élec­trique.

Et même après l'épuisement de tous les gisements d'uranium et de tho­rium sur la face du globe, l'énergie solaire continuera de s'écouler vers nous presque indéfiniment".

David Ben Gourion Vers le Sud, 1956.

Plus d'un million de toitures israé­liennes, dans un pays de sept millions et demi d'habitants, sont recouvertes de panneaux solaires qui chauffent l'eau. Depuis le début des années 80, le gouvernement exige de chaque nou­velle construction résidentielle qu'elle soit équipée d'un système de chauffe-eau solaire. De telles installations de plus en plus sophistiquées permet­tant de produire à grande échelle de l'électricité à partir du rayonnement du soleil sont mises en place dans le pays, particulièrement dans le Né­guev. Des prouesses technologiques qui font l'objet d'un succès planétaire : l'énergie solaire offre non seulement une solution économique face au prix du pétrole mais répond également au souci écologique moderne.

Au-delà des aléas du pétrole, le so­leil brille

Israël est véritablement un pays pion­nier dans le domaine de l'exploitation de l'énergie solaire. Le pays bénéficie en effet d'un ensoleillement favora­ble (2300 KWh/m2/an de gisement solaire contre 1300 KWh/m2/an en France). L'utilisation de cette énergie est inscrite dans la naissance du pays : les premiers chauffe-eau solaires fu­rent installés sur les toits des maisons dans les années 50. Cette technologie simple et surtout très économique de­viendra très populaire après la guerre de Kippour en 1973 avec l'augmentation fulgurante du prix du baril de pétrole, appelé dorénavant à juste titre «l'Or Noir». Le pays ne possédant pas autant de richesses naturelles que ses voisins, il a fallu compter sur d'autres atouts comme la matière grise du ca­pital humain. Il s'agissait urgemment de soulager le pays de sa dépendance à l'égard des combustibles fossiles. Le labeur des chercheurs israéliens n'a pas été vain, ce fut même plutôt un succès. De nombreuses recherches ont été effectuées très activement dans les centres de recherche israéliens et ont débouché sur des technologies écologiques prometteuses. En effet, l'éner­gie solaire est utilisée aujourd'hui non seulement pour l'usage domestique ou dans le secteur de l'agriculture mais aussi à l'échelle industrielle. La chute du prix du pétrole dans les années 80, dix ans après le choc pétrolier, a bien failli menacer le développement de l'énergie solaire dont le prix n'était plus concurrentiel. L'ennemi calcule les cycles des prix du pétrole au plus proche afin de distancer les énergies renouvelables. Mais les ingénieurs israéliens préfèrent miser désormais sur l'énergie solaire pour envisager un avenir ensoleillé avec des prévisions stables, au beau fixe. Une indépendance qui n'a pas de prix.

Produire de l'eau chaude par tous les temps

Bénéfice de l'exploitation directe du flux solaire, une douche d'eau chauffée simplement par le soleil fait partie du quotidien des Israéliens pendant presque huit mois de l'année. Un luxe naturel et écologique au moindre coût. Des capteurs thermiques transforment l'énergie solaire en eau chaude. Ils peuvent se présenter sous forme de tuyaux noirs placés sous une vitre et sur les toits des bâtiments, ou bien sous forme d'une installation pa­rabolique permettant une concentra­tion des rayons solaires. Des grosses barriques noires ou blanches pla­cées derrière des panneaux solaires surmontent les toits de tout le pays. En hiver, quand le soleil tape un peu moins fort, pour être sûr que le ballon d'eau soit chaud, on a normalement recours à l'électricité qu'on allume en moyenne une vingtaine de minutes avant sa douche. Mieux encore, les ingénieurs israéliens sont en train de mettre en place un système qui per­mettrait d'emmagasiner l'électricité produite par les capteurs thermiques pour qu'elle soit ensuite disponible par tous les temps. En tête de la re­cherche, le scientifique israélien Dr. Zvi Tavor a donné son nom à un cer­tain type de panneau solaire « le pan­neau Tavor » dont la surface permet de doubler la production de chaleur. Il participa à l'établissement du Conseil Scientifique à l'époque où Ben Gou­rion était Premier Ministre. Ce dernier avait en effet compris l'importance fondamentale de l'énergie solaire et, avec l'aide de la famille Rothschild, il avait pris soin d'offrir un budget pour la recherche dans ce domaine. Le 22 avril dernier, «le Jour de la Terre», Zvi Tavor, âgé de 93 ans, a vu tous ses efforts récompensés lorsqu'il reçut un certificat d'honneur de la municipalité de Jérusalem pour son œuvre. Le fil conducteur de sa recherche avait pour finalité l'utilisation de l'énergie so­laire pour générer de l'électricité stoc­kable et disponible. Il ne s'agit plus alors de simples capteurs thermiques mais de capteurs photovoltaïques qui transforment l'énergie solaire en élec­tricité.

Aujourd'hui, avec des compagnies israéliennes développées en coopéra­tion avec les Etats -Unis, comme Bri­ghtsource et sa filiale Luz, de grandes installations de panneaux solaires font du rêve de Zvi Tavor une réalité. Ces complexes produisent de l'électricité non plus en kilowatts mais en mé­gawatts. Exemple éloquent: Le parc industriel de Rotem dans le Néguev dirigé par Arnold Goldman couvre en­viron 120 hectares. Il est équipé d'un champ de 1641 miroirs plats ct légè­rement incurvés permettant de refléter les rayons du soleil jusqu'à une tour de 60 mètres de haut surmontée d'une chaudière solaire. L'énergie est ensuite pompée de la chaudière vers une tur­bine génératrice d'électricité, laquelle est immédiatement commercialisable. Résultat: 900 mégawatts d'électricité par jour, ce qui est approximativement l'équivalent de l'énergie produite par une centrale nucléaire ou par des réser­ves de charbon. Brightsource a signé un contrat d'exportation d'électricité avec la compagnie d'énergie califor­nienne PG&E, événement historique dans l'histoire de l'énergie solaire.

Israël à la pointe du développement de l'énergie alternative

Les ingénieurs-chercheurs israé­liens concentrent tous leurs efforts sur le développement stratégique de l'énergie alternative, visant à réduire les émissions de gaz carbonique et à promouvoir l'utilisation des énergies renouvelables et écologiques. Les dé­couvertes dans ce domaine se multi­plient. En avril dernier par exemple, le Professeur Nathan Nelson de l'Uni­versité de Tel-Aviv au département de Biochimie a mis au point un dispositif d'énergie solaire à partir des structu­res protéiniques d'une plante. En ob­servant la structure des membranes complexes d'un plant de petit pois, il a découvert une protéine capable de changer la lumière en source d'éner­gie, laquelle peut être transformée en électricité. A partir de ces cristaux de membranes placés sur des plaques re­couvertes d'or, le Professeur Nelson et son équipe ont pu générer une tension de 10 volts. Cette découverte va servir très prochainement à créer des dispo­sitifs électriques de basse tension.

A plus grande échelle, le Centre Natio­nal Ben Gourion pour l'Energie Solai­re créé en 1986 par le gouvernement israélien afin de trouver les moyens de réduire la dépendance du pays concernant l'importation des énergies fossiles tout en développant de nouvelles sources d'énergie propre, est à la pointe de la recherche mondiale sur l'énergie solaire. Au cœur du désert du Néguev, à Sdé Boker, un gigantes­que laboratoire solaire en plein air est internationalement reconnu comme un site idéal pour tester les panneaux photovoltaïques. Tourné vers le ciel comme un gigantesque tournesol, le "Photon Energy Transformer & Astrophysies Laboratory" (PETAL) constitue la pierre angulaire des ins­tallations du centre de Sdé Boker.

PETAL représente un instrument po­lyvalent de recherche, unique dans le domaine des applications solaires à haute concentration. C'est la plus grande parabole solaire au monde. Construite grâce au soutien de la Fondation Rashi et du ministère des Infrastructures nationales, elle a tota­lement modifié la compréhension des chercheurs sur les foyers photovoltaï­ques. En effet, PETAL utilise une sur­face en miroir de grande taille, relati­vement peu coûteuse, pour recueillir ct concentrer la lumière et ainsi produire de l'électricité en grande quantité. Technologie brevetée qui représente l'espoir d'une expansion commerciale non seulement en Israël mais aussi à l'étranger. Une étude récente du Cen­tre Ben Gourion estime que des mil­liers d'emplois seront créés grâce à la construction de centrales solaires dans le Néguev ct dans d'autres contrées désertiques du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.

Si le but de toutes ces recherches est avant tout de répondre au besoin crois­sant de la consommation électrique qui veut prendre le pas sur le pétrole et le gaz, ces nouvelles technologies « vertes »de production d'énergie dura­ble ct renouvelable pourront renforcer la coopération entre Israël et les na­tions. «Israël, Lumière des Nations» est d'ailleurs le slogan du Centre Ben Gourion.

Il semblerait que le soleil donne des idées lumineuses: En 2011, les Israé­liens verront apparaître sur le marché une nouvelle forme de transport éco­logique, des voitures fonctionnant aux piles lithium ions rechargeables. Un véhicule peu coûteux pour lequel les consommateurs paieront un tarif men­suel fondé sur un kilométrage prévu à l'avance et qu'il faudra recharger dans un « parcomètre ». Encore quelques années, et le pétrole ne sera peut-être plus l'Or Noir en Israël...

Billet:

Piège en haute mer

Jean-Marie Allafort

«Carnage sioniste», «crime contre 1’humanité», «actes barbares» sont les expressions les plus courantes utili­sées par les médias arabes pour parler de l'assaut donné par le commando marin de Tsahal sur la flottille Free Gaza cette nuit. Les passagers de ce convoi dit humanitaire n'étaient pas vraiment des activistes pour la paix. On peut être surpris que dans les rangs de l'état-major de l'année israélienne on n'ait pas assez pris en considéra­tion qu'un tel assaut puisse dégénérer en affrontement aussi violent. Quand on sait qui se trouvait à bord de cette croisière de la provocation et de l'in­citation à la haine, on pouvait craindre le pire. Les leaders, dont l'archevêque grec-catholique Capucci, sont des spécialistes de l'échauffement des es­prits. Un tel drame était prévisible. Ils étaient décidés à résister, et pas seu­lement à la méthode Gandhi. Les or­ganisations derrière ce convoi ne sont pas vraiment des organisations carita­tives. Il s'agit, entre autres, du Hamas, du Hezbollah et d'autres mouvements islamiques.

Il faut espérer que le gouvernement d'Israël nomme le plus rapidement possible une commission d'enquête interne avant que les instances inter­nationales ne l'obligent à le faire. Ce convoi n'avait pas la prétention d'ap­porter une aide humanitaire à Gaza mais de provoquer Israël par une opération médiatique d'envergure. Le piège a parfaitement fonctionné. On voudrait nous faire croire que la Ban­de de Gaza est hermétiquement fer­mée et que la population est affamée par Israël. Chaque jour des dizaines de camions franchissent le terminal de Gaza avec de la nourriture, des vê­tements, des médicaments et des pro­duits nécessaires à la vie quotidienne. Si les organisateurs avaient seulement l'intention de transporter une aide hu­manitaire, ils savaient comment s'y prendre. Israël ne permettra pas que des armes entrent dans le territoire de Gaza même si c'est au prix d'une mise au ban des nations.

Face à la vague prévisible de pro­testations dans le monde, Israël doit réagir rapidement. La question n'est pas de savoir si les soldats ont fait preuve d'un excès de violence lors de l'assaut, mais pourquoi le ministre de la Défense et le Premier ministre ont pris une telle décision d'envoyer le commando marin sans envisager sérieusement un tel scénario? Pour­quoi Binyamin Netanyahu, qui porte l'ultime responsabilité politique de cette action, était-il absent du pays au moment où il envoyait des militaires pour une opération aussi délicate? A nouveau, les services de renseignements israéliens n'ont pas été à la hauteur. Ces informations sur les passagers de ce convoi marin n'ont pas été collectées avec suffisamment de sérieux, d'où les erreurs en chaîne comme l'envoi de troupes d'élite en trop petite quantité.

Enfin, ne faut-il pas repenser le blo­cus de la Bande de Gaza dont l’ef­ficacité est des plus douteuses ? Au 21 ème siècle, cette méthode de faire le siège n'était-elle pas quelque peu dépassée? Rappelons que le blocus de Gaza n'est pas seulement le fait d'Is­raël mais aussi celui de l'Egypte qui, suite au drame, vient enfin de rouvrir le passage de Rafiah.

Actualité:

Les Russes en première place du nombre de touristes en Israël

Rédaction

Depuis qu'Israël a signé un accord sur la suppression des visas devant être demandés avant l'arrivée à l'aé­roport Ben Gourion en mars 2008, le nombre de touristes russes ne cesse d'augmenter. Une véritable vague russe déferle sur Israël toute l'année mais particulièrement à l'occasion des fêtes de Pâques. Ainsi La Russie a occupé en avril 2010 la première place pour le nombre de touristes ayant visité Israël, détrônant pour la première fois de cette position les Etats-Unis. Selon un communiqué du ministère israélien du Tourisme en avril dernier, 55.292 Russes ont visité Israël, soit une augmentation de 64%, alors que 54.905 Américains sur cette même période ont visité le pays.

En 2009, la Russie avait occupé la deuxième place pour le nombre de touristes s'étant rendus en Israël, la première position étant revenue aux Etats-Unis. S'il semble bien que les Etats-Unis conserveront encore ce ti­tre pour 2010, ce sera sans doute pour la dernière fois tant le tourisme russe se développe en Israël.

Selon le ministère israélien du Touris­me, 402.000 touristes en provenance de Russie se sont rendus en Israël en 2009.

Actualité:

Nabucco à Massada

Jean-Marie Allafort

600 chanteurs, musiciens, choristes et figurants, 11 chevaux, 4 chameaux, 500 km de câble électrique, 1500 ton­nes de ferrailles, 40 tonnes de maté­riels de son et de lumière et pas moins de 250 camions pour acheminer le tout, c'est ce qu'il aura fallu pour réa­liser l'une des plus grandes produc­tions musicales de l’histoire d'Israël: le Nabucco de Verdi.

Les organisateurs ont choisi le site grandiose de Massada où s'est dérou­lée la dernière page dramatique de 1 'histoire de la Grande Révolte juive du premier siècle pour être le théâtre depuis une semaine de l'un des opéras italiens les plus connus au monde. Dans un décor naturel exceptionnel, à l'occasion du 25ème anniversai­re de la création de l'opéra israélien, le conseil régional du sud de la Mer Morte a lancé ce projet quelque peu audacieux. «Sans le moindre soutien financier du gouvernement y compris pour la campagne publicitaire, nous avons entrepris eette initiative qui permet aussi de présenter Israël sous un autre jour» explique à Un écho d'Israël le président du conseil régio­nal Tamar, Dov Litvinof. «Le but est de lancer un festival de musique sur un site historique de réputation mon­diale comme cela existe en Europe et ailleurs» : poursuit-il.

Pour une première audition, c’est un succès. Il fallut près de trois mois pour mettre en place toutes les installations permettant d'accueillir chaque soir 6500 spectateurs. En tout 40 000 personnes, dont 4000 touristes venus spécialement pour l'occasion, auront assisté à la représentation du Nabucco de Verdi au pied de Massada, décor de scène naturel, illuminé plusieurs fois lors du spectacle. Ce samedi soir, dans l'immense salle de réception en plein air spécialement aménagée et décorée à la mode romaine, on entendait parler de nombreuses langues mais sur­tout l’hébreu et le français. Un groupe de 250 touristes venus de France sur l'initiative du Keren Hayesod avait fait le déplacement pour cette soirée. Nabucco dans ce lieu de Massada est plus qu'un symbole. Cet opéra qu'on peut qualifier de «juif» puis­qu'il raconte l'épopée de Nabuchodo­nosor, l’histoire de la destruction du Premier Temple et la déportation des fils d'Israël en Babylonie, prend ici un sens très particulier, Le célèbre chant des esclaves hébreux, Va' pensiero, décrivant leur nostalgie pour Sion, a été répété pas moins de trois fois tant la foule et le chef d'orchestre Daniel Oron étaient émus.

Le Nabucco fera place l'an prochain à un autre opéra d'une envergure tout aussi exceptionnelle: Aïda.

AMIT Association de volontaires (Mitnadvim en hébreu) pour Israël et la Tora

Suzanne Millet

AMIT est un réseau éducatif religieux en Israël. Sur le sigle, on peut lire : construire Israël: c'est voir dans chaque enfant un être irremplaçable.

Cette organisation sioniste a été fondée en 1925 par Betty Gottesfeld, une Juive américaine. On peut faire le rapprochement avec Henrietta Szold qui fut à l'origine de nombreuses œu­vres sociales en Palestine et en parti­culier les hôpitaux Hadassa. Au début du 20éme siècle des femmes juives amé­ricaines se sont beaucoup investies pour le développement de la société juive en Palestine, population tellement pauvre, et en particulier pour les femmes et les jeunes filles. Betty Got­tesfeld achète des terres dans ce pays et crée des écoles et des institutions religieuses pour donner une formation professionnelle aux filles et, plus tard, aux garçons.

Après la Deuxième Guerre mon­diale, les enfants juifs rescapés arri­vent en foule. Il faut ouvrir des cen­tres d'accueil, des maisons d'enfants, des villages d'enfants. En 1946 cette association compte trois centres l'un à Raanana, un à Jérusalem ct un autre à Petah Tikva.

Actuellement AMIT gère plus de 65 institutions réparties dans tout Israël, de Beer Sheva à Safed, mais surtout dans les villes périphériques. Des jardins d'enfants, des écoles primaires, des lycées, des lycées techniques, des écoles professionnelles, des lycées yeshiva (études religieuses) pour les garçons, le pendant pour les filles, ap­pelé oulpana, des instituts supérieurs pour compléter l'éducation profes­sionnelle après le bac (2 ans). Pen­dant leur service militaire ils poursui­vent cette formation professionnelle. Après l'armée, ces jeunes trouvent facilement du travail, souvent comme cadres.

AMIT éduque et prend soin des enfants les plus vulnérables d'Israël. Plus de 75% des 17 000 élèves de ce réseau doivent se débattre avec des problèmes éducatifs, psychologiques, sociaux et économiques. 9% de ses élèves sont des immigrants originai­res d'Ethiopie, 8% sont originaires des pays de l'ex-Union Soviétique. En raison de leurs difficultés familia­les, près de 700 élèves résident dans les foyers sous la tutelle d'AMIT, foyers où l'on enseigne les valeurs de la Tora. La base de l'éducation est: «Tu aimeras ton prochain comme toi-même» Lévi tique 19.18. Les édu­cateurs approchent chaque enfant en tant qu'individu en lui permettant de développer son potentiel au maximum pour qu'il devienne un citoyen respon­sable et productif C'est un des rares réseaux éducatifs religieux adoptant les programmes académiques et pro­fessionnels reconnus par le ministère de l'Education.

Les bâtiments appartiennent à la municipalité. Le ministère de l'Edu­cation fournit le budget comme pour les autres écoles mais AMIT supplée. Ses écoles choisissent les directeurs et les enseignants les formant selon un programme pédagogique très

elair: d'abord l'enfant, puis le programme d'étude. Ces maîtres et instituteurs reçoivent une formation continue et un bon salaire ce qui les motive. (Les enseignants en Israël sont peu payés).

AMIT aide aussi les fa­milles marginalisées qui ne peuvent assurer une scolarité normale à leurs enfants. Elle finance des cours particuliers, les excursions d'école, les manuels scolaires, des repas chauds et des vêtements. Grâce au développement professionnel des enseignants, aux heures de cours supplémentaires, aux cours de rattra­page, au suivi des élèves, les résultats aux examens sont très bons. Le niveau de réussite au bac atteint 75 à 80% alors qu'auparavant il n'était qu'à 35 ou 40%, comme c'est le cas à Akko, Hazon, Beit Shemesh, Safed, Kyriat Malakhi et Sdérot. Dans cette derniè­re ville, pendant 10 ans sous le feu des roquettes, la municipalité a demandé à AMIT de prendre en main tout son réseau éducatif.

Le gouvernement prend en char­ge une partie du budget sachant que AMITsait gérer l'argent.« Et », ajoute Judith Schwed-Lion, Sous-Directrice Générale et responsable du dévelop­pement et de la collecte des fonds pour AMIT« nous permettons à l'Etat d'économiser en diminuant le nombre des délinquants ! » Les dons viennent beaucoup des USA mais aussi d'Is­raël.

Pour ses 85 ans, AMIT a été ho­norée à la Knesset pour ses services éducatifs et Zeev Bielski, membre de la Knesset et ancien président de l'Agence Juive a déclaré: « C'est dommage que Amit ne puisse répon­dre aux demandes quotidiennes des établissements scolaires qui vou­draient se joindre à ce réseau. »

La Maison de l'Enfant à Gilo, Jérusalem

Il y a 20 ans AMIT a ouvert une institution très originale appelée «La Maison de l'Enfant ». Son but: construire pour les enfants à risques une structure familiale sans les couper de leur famille.

Attendant une heure dans le hall d'en­trée, j'ai eu tout le loisir de sentir l'ambiance de cette maison. Une vraie ruche ou plus exactement une fourmi­lière. Des enfants de 10 ans environ vont et viennent dans tous Ics sens, librement. La porte sur l'extérieur est ouverte, quelques enfants sortent et reviennent une glace à la main, ache­tée à l'épicerie du coin grâce à l'ar­gent de poche qu'on leur donne. Tout en riant des fillettes poussent sur les carreaux du sol des cageots remplis de nourriture. On descend les esca­liers en parlant fort. On rencontre par hasard une monitrice, on l'embrasse et on discute. Des adultes, à kipa ou sans kipa, des jeunes moniteurs, des jeunes couples avec bébés passent, se saluent... ambiance très conviviale.

Puis arrive Judith avec un groupe de touristes belges auxquels je me joins. Elle nous présente ce lieu. Ce sont des enfants que l'assistance sociale a dû éloigner de la famille et que le tribu­nal a confiés à AMIT. 120 enfants de 4 à 14 ans sont pris en charge à 100% dans cette maison. On reconstitue le noyau familial qu'ils n'ont pas connu. Dans chacun des 10 appartements un jeune couple avec bébé est responsa­ble de 10 enfants. Ce couple s'engage pour 5 ans et les enfants en sont aver­tis. Ils appellent ces parents adoptifs par leur prénom, « papa » et «ma­man» étant réservés à leurs parents biologiques. Les enfants sont 4 par chambre, chacun a son lit et son coin personnel qu'il aménage selon son goût : photos, posters - ce qui est très important pour l'enfant qui n'a jamais eu « son coin».

Ils sont répartis dans 45 écoles de la ville, quelques-uns dans des écoles spécialisées. Tous de retour au début d'après-­midi ils mangent dans leur « famille » et font leurs devoirs, aidés s'il le faut. Ils ont aussi des séances de thérapie de toutes sortes, entre autres avec des animaux, à qui « on peut tout dire ». Des enfants externes viennent aussi après l'école manger, faire leurs de­voirs, vivre cette vie communautaire « chaude» et se joindre aux activités parascolaires.

On apprend aux enfants à respecter leurs parents biologiques sans toute­fois les imiter. Dans le cadre d'une thérapie une grande salle a été aména­gée pour que ces parents apprennent à jouer avec leurs enfants.

La Maison de l'Enfant dispose de tout un personnel (beaucoup de volontaires) : éducateurs, psychologues, assistantes sociales, dentiste, méde­cin. En plus, depuis 3 ans, une tren­taine de jeunes filles d'Amérique et du Canada viennent passer une année dans cette maison, suivant un sémi­naire pour étudier la Tora et connaître Israël, tout en accompagnant les enfants avec beaucoup de dévouement. Le directeur actuel de la maison me disait qu'il avait commencé, très jeu­ne, comme volontaire  puis éducateur. C'est un homme de terrain. Il est à la fois le père et le grand frère de tous ces enfants.

Un week-end sur deux, les enfants vont dans leur famille biologique, et si ce n'est pas possible, on paye une famille pour les recevoir. Pendant les grandes vacances AMIT organise un centre aéré pour le premier mois, et le deuxième mois les enfants vont en fa­mille ou dans une famille d'accueil.

Le Village des Jeunes de AMIT à Pe­tah Tikva

En pénétrant dans ce village, ce qui me frappe à première vue, c'est le parc avec des arbres tropicaux splendides, palmiers, bananiers, baobabs énor­mes, et des jeunes qui l'entretiennent. Me voilà sur un des terrains acheté par Betty Gottesfeld dans les années 1925-1930 devenu un beau parc mais surtout un Village de Jeunes florissant. Judith me fait remarquer le calme de ce centre, en pleine ville.

300 jeunes de 15 à 20 ans vivent dans 20 maisons familiales de même structure que dans la Maison de l'Enfant : un jeune couple avec enfants pour une vingtaine de jeunes (3 à 4 par chambre). Ceux -ci sont respon­sables de l'entretien, des repas matin et soir, de la lessive etc. Ces jeunes gens et jeunes filles font leurs études sur place dans le lycée professionnel actuellement trop exigu. La construction d'un deuxième bâtiment est déjà bien avancée. Une centaine d'externes viennent au Village étudier, prendre un repas chaud à midi au réfectoire avec les autres, et participer aux ac­tivités, « sinon ils traîneraient dans la rue » précise Judith.

Nous passons du gymnase immen­se au centre communautaire où se dé­roulent des clubs en tous genres, entre autres des clubs sur la musique et les traditions éthiopiennes. Il faut dire que 60 à 70% de jeunes sont d'origine éthiopienne. Une grande bibliothèque où un conférencier parlait devant une trentaine d'élèves. Une synagogue utilisée matin et soir pour la prière et bien sûr le shabbat, filles et gar­çons séparés. Une maison où l'on va consulter l’infirmière, le psychologue, l'assistante sociale. Un petit zoo. Sur une place, des jeunes aménagent une estrade, la sono, l'écran ; ce soir-là on fêtera la promotion de fin d'étude.

Les résultats au bac sont loin d'at­teindre 70 à 80% car les jeunes qui ar­rivent là, à 16,17 ans n'ont pas eu une scolarité régulière et souvent ont été rejetés par le système seolaire. Dans ce lycée, ils sont très suivis et acquiè­rent une culture générale et une forma­tion professionnelle leur permettant de s'intégrer à la société: secrétariat, communication, éleetricité, technique ete. Pendant leur service militaire, ils ou elles reviennent au Village pendant leurs permissions s'ils n'ont pas de famille. Le shabbat, le Village est tou­jours ouvert, les jeunes ne sortant pas systématiquement dans leur famille.

Les jeunes sont entraînés à pren­dre des responsabilités. Ils gèrent eux-mêmes, en conseil, le ealendrier des événements du village, de l'en­tretien ... et, quand un jeune s'est mal comporté, un conseil de jeunes le juge avee « modération» sachant qu'eux­mêmes pourraient être un jour au banc de l'aceusé. En juillet un centre aéré pour enfants trisomiques se déroulera au village et ce sont les jeunes eux-mêmes qui les accompagneront. C'est une valorisation pour ces jeunes ve­nant souvent d'un milieu marginalisé.

Dans ce souci de responsabiliser les jeunes, de leur apprendre à se donner, on retrouve la pédagogie de Janusz Korczak: dans sa maison de l'Orphe­lin destiné à des enfants juifs, ceux-ci étaient à la fois « maîtres de la mai­son, travailleurs et dirigeants» www.amlt.org.il

« L’opération Grenier »: sauver les écrits de la Shoa

Myriam Ambroselli

La Maison des Combattants du Ghetto a lancé depuis le mois de janvier une opération de sauvetage des documents historiques témoins de la Shoa : let­tres, journaux intimes, témoignages, photographies ou encore toutes traces écrites de la période de l'holocauste. Le présupposé est le suivant: de nom­breux documents précieux dorment encore dans les greniers, les caves ou les placards des différentes commu­nautés juives du monde ...

La Maison des Combattants du Ghetto (dont le nom entier est en réalité «Cen­tre d'Etude Itzhak Katzenclson et Musée de l'héritage de la Résistance Jui­ve et de 1 'holocauste ») fut le premier musée dédié à la commémoration de 1 'Holocauste et de 1 'Héroïsme Juif. Il fut fondé en 1949 par des survivants de la Shoa qui étaient membres du Kibboutz Lohamei Haguétaot situé entre Akko et Nahariya. « L'opération Grenier » (en anglais, « Opération Attic») a été lancée suite à une prise de conscience que les traces historiques de la Shoa ont souvent fait l'objet de pertes, de destructions, ou de dispari­tions. « des écrits qui ont une grande valeur historique », selon Rami Hoch­man, directeur du Musée.

« Nous avons appris un peu tardive­ment que des écrits d’importance his­torique étaient cachés chez des Juifs des quatre coins du monde, surtout en Europe de l'ouest et en Europe de l'est, au Canada et aux Etats-Unis» soulignait Hochman au Jerusalem Post le 12 janvier 2010 au moment du lancement de l'opération. « L'exem­ple le plus éloquent est le sauvetage et la restauration du journal intime de Pola Elster, une jeune femme faisant partie des combattants du soulève­ment du ghetto de Varsovie (1943) ». Le journal a été déposé à la Maison des Combattants du Ghetto par Nachi Rottenberg, le fils de Wanda Els­ter-Rottenberg, sœur de Pola Elster qui combattit aussi lors du soulève­ment du Ghetto. Wanda qui survécut au massacre, retrouva le corps de sa sœur, et à ses côtés, son journal intime partiellement brûlé. Elle prit le jour­nal, le cacha dans son grenier et ne l'ouvrit plus jamais. Après la mort de Wanda, son fils Nachi Rottenberg fit la découverte du journal sans toutefois réaliser son importance historique. Il décida de le confier aux archives de la maison des Combattants du Ghetto, et après un long processus de restaura­tion pour empêcher une détérioration plus grave du papier, on commença à traduire le texte du yiddish en hébreu.

Selon la Maison des Combattants du Ghetto, un trésor d'informations encore inconnues sur la révolte du ghetto de Varsovie a pu être mis à jour grâce au journal de Pola Elster. Yossi Shavit, directeur des archives, souli­gna l'importance de cette découverte : les pages qui étaient suffisamment lisibles pour être traduites ont révélé les détails de la destruction du ghetto en avril 1943, puis la convocation des Juifs à l'Umshlagplaz (gare des trains), et enfin l'embarquement dans les wagons dirigés vers le camp de Po­niatowa à 30 km de Lublin. Les der­nières lignes du journal furent écrites lorsque Pola s'échappa de Poniatowa par un souterrain en juillet 1943.

Nachi Rottenberg raconta que, dans sa famille, si on parlait souvent de la Shoa, l'existence du journal de Pola était en réalité passée sous silence. «Quand ma mère est morte, j'ai res­senti un grand besoin de confier tout ce qui était caché dans le grenier de­puis des décennies à des profession­nels, mais je n'aurais jamais pu ima­giner l'importance de cette décision », soulignait Rottenberg. « Lorsque les traducteurs des archives de la Maison des Combattants du Ghetto me révélè­rent ce qu'ils avaient pu lire des écrits de Pola, j'ai eu un véritable choc en découvrant des réalités historiques dont je n'avais pas idée. ».

Les tombes de Josué et de Caleb, un lieu de pèlerinage

Antoinette Brémond

On parle beaucoup de l'importance des pèlerinages sur les tombes de certains rabbins vénérés et priés comme Rabbi Shimon Bar Yohaï. On connaît également le tombeau de David à Jérusalem, celui des pa­triarches à Hébron, de Joseph en Sa­marie, de Samuel au nord de Jérusa­lem. Sans oublier ce lieu saint, très visité: la tombe de Rachel à l'entrée de Bethléem, lieu de culte par excel­lence ... Rahel immènou, Rachel, no­tre mère. Ce que l'on connaît moins, c'est l'existence, en Samarie, des tombes de Josué et de Caleb, ces deux « valeureux », les seuls de toute la génération du désert, à être entrés en Terre Promise, car ils avaient cru en la promesse de Dieu. Moïse, quant à lui, personne ne sait où il a été enterré. Ces deux tombes se trouvent en Sa­marie non loin d'Ariel dans le village palestinien de Kifl Hares, identifié par certains à Timmath-Hérès biblique où Josué mourut selon le livre des Juges (2, 6-9). Certaines années, à la date d'anniversaire de la mort de Josué (le 26 Nissan selon le calendrier hé­braïque), ce lieu attire des milliers de pèlerins juifs. « C'est la seule occa­sion où le peuple peut, sur la tombe de Josué, honorer l'un des chefs les plus importants du peuple juif », explique

David Haivri, l'un des organisateurs. Cette année, le vendredi 9 avril, 10.000 pèlerins étaient là, empruntant la route d'Ariel menant à ce village, cer­tains arrivés déjà à partir du jeudi soir. Le village était placé sous couvre-feu et les soldats portant des torches se tenaient le long de la route. Une foule d'hommes en chapeau noir, d'autres en tunique hassidique, d'autres enfin en sandales et jeans, venus en groupe ou en famille avec leurs enfants.

Les visiteurs s'arrêtèrent d'abord au tombeau de Caleb, coincé entre deux petites pièces voisines d'un cimetière musulman. On allume des bougies, on entend des prières, même des pleurs. Puis la tombe de Josué éclairée, une table avec des livres de prières. Cer­tains hommes chantent et dansent. Du côté des femmes, des jeunes filles, venues pour la première fois, sem­blent profondément touchées. « C'est un signe de la Rédemption» dit Odaya qui explique aux autres l'importance de Josué. Elle pour­suit: « Quand on se retrouve sur l'un de ces lieux saints, on réa­lise que tous ceux qui sont là ont un point commun: Dieu. » Une autre jeune est venue prier là pour la guérison de sa mère.

Pour les Palestiniens vivant dans ce village, les 3 tombes de Josué, de Noun son père et de Caleb sont toutes musulmanes. Le maire du village, Ahmed Bouzia, craint que les Juifs viennent un jour transporter ces tombes en Israël, ainsi que celles des Patriarches et de Rachel. « Ces trois tombes de mon village sont des tom­bes islamiques. L'une d'elles contient les restes d'un de mes ancêtres». Une chose est sûre : la première mention d'un pèlerinage sur la tombe de Josué remonte à 1258.

Même si certains, et pas des moindres, disent que les pèlerinages sur les tom­bes ne font pas partie de la foi juive, la piété populaire l'emporte largement. Le pèlerinage sur les tombeaux des personnages bibliques et des justes du judaïsme n'a jamais été aussi floris­sant qu'aujourd'hui.

Le rêve réalisé : Israël est membre de l’OCDE

Jean-Marie Allafort

L'entrée d'Israël dans le club exclusif de l'OCDE voté ce lundi à Paris par tous les membres de cette organisa­tion n'est pas seulement un événement économique important c'est aussi la réalisation d'un rêve du fondateur du sionisme moderne Théodor Herzl. Le visionnaire de l'Etat juif, dont on célèbre le l50ème anniversaire de la naissance cette année, avait rêvé de cette réussite économique.

Israël, petit pays né il y a 62 ans et ne comptant que 7, 5 millions d'habi­tants, est doté aujourd'hui d'une des économies les plus solides et les plus saines de la planète. Les économistes du monde entier viennent étudier «le phénomène Israël». C'est une recon­naissance aux nombreuses implica­tions.

Par cet acte d'adhésion à l'OCDE, Israël devient officiellement un pays développé sur le plan économique et un pays reconnu comme démocrati­que. L'Organisation de Coopération et de Développement Economique n'a pas pour seule vocation de coor­donner les politiques économiques des pays les plus développés mais en­core elle se voit comme un garant de la démocratie. Les critères d'adhésion sont stricts. Un pays industrialisé non démocratique ne respectant pas les rè­gles du libre marché ne peut prétendre y entrer. C'est sans doute l'une des raisons pour lesquelles aucun pays arabe n'est membre de l'organisation. Israël espère des retombées économi­ques concrètes suite à son adhésion à l'OCDE particulièrement dans le domaine des investissements. Etre membre de cet organisme implique aussi la lutte contre les paradis fiscaux et la corruption internationale. A Israël, on demande, entre autres, de multiplier les efforts pour combler les écarts de salaires entre les hommes et les femmes ainsi qu'entre les Juifs et les Arabes. Etre membre de l'OCDE n'est pas un chèque en blanc. On at­tend d'Israël qu'il prenne ses respon­sabilités et comble ses carences.

Un siècle après

I.C.

Le 11 avril 1909, jeudi de la semaine de Pâque, les re­présentants de soixante-six familles juives de Jaffa et des quartiers attenants, se rassemblèrent pour tirer au sort les parcelles d'un terrain où ils envisageaient de bâtir leurs maisons. Ne se doutant pas de ce qui se passerait là, quatre décennies plus tard, un photographe a immortalisé cet acte fondateur qui devait donner vie aux dunes littorales joux­tant la ville ancienne. La légende rapporte que l'homme faisant face à ce groupe inspiré aurait crié: « Bande de fous! Vous allez construire sur du sable! «

L'un des bénéficiaires de cette répartition était l'ingénieur Meïr Dizengoff. Elu directeur du comité de ce projet parti de rien, il allait devenir, plus tard, le premier maire de Tel­ Aviv. Entre temps, il légua sa maison à la municipalité qui en fit un musée d'art. Le vendredi, 14 mai 1948, trente­-neuf ans après ce tournant du destin, David Ben Gourion procéda, dans l'une des salles de ce musée, à la lecture de la Déclaration d'Indépendance qui marquait la fondation de l'Etat d'Israël. Selon la guématrie, le passage de 39 à 40 est des plus signifiants, du fait que le nombre 40 introduit à un autre ordre de réalité. Comptant alors 150.000 habi­tants, Tel-Aviv était, en effet, déjà parvenue à être le siège des institutions civiles et militaires du nouvel Etat.

En 1934, à l'occasion du premier demi-jubilé, Haïm Na­hman Bialik, devenu de facto 'poète national', improvisa une déclaration où Tel-Aviv apparaissait comme le symbole d'une résurrection attestée par la reviviscence de la culture et de l'indépendance du peuple juif:

«Une réalisation juive comme Tel-Aviv dépasse à mes yeux tout ce qui a été fait durant les siècles d'exil. Comme le peuple d'Israël ne possède nulle part ailleurs un endroit semblable, la création de cette ville entièrement juive devrait convaincre les esprits les plus sceptiques que la résurrection du pays est un fait indéniable. Longtemps, j'avais pensé que le village où j'étais né était mon lieu d'origine, mais ici, je sens au plus intime de moi-même que je n'ai jamais eu et ne pourrai jamais avoir une autre terre natale que celle que j'ai trouvée ici»

Qui est qui? :

Antonio Barluzzi

Eliane Ketterer

Antonio Barluzzi (1884-1960), architecte italien a œuvré en Israël à l' épo­que du mandat britannique. Il a conçu, essentiellement pour la Custodie fran­ciscaine, les plans de beaucoup d'égli­ses de Terre sainte.

Antonio Barluzzi est né à Rome d'une famille dont les membres furent em­ployés pendant quatre générations par le Vatican. De 1902 à 1907, il fit des études d'ingénieur à l'université de Rome. 11 arriva à Jérusalem en 1913 pour aider son frère Luigi à construire un hôpital italien à Jérusalem (le bâti­ment, situé entre les rues 'Shivtai Is­rael' et 'Ha-Neviirn ' est actuellement utilisé par le ministère de l'Educa­tion).

En 1919, Antonio Barluzzi fut nommé par le Custode d'alors à la tête du pro­jet de construction de l'église des Na­tions de Gethsémani au bas du mont des Oliviers à Jérusalem et de l'église de la Transfiguration sur le mont Tabor. Les deux églises furent consacrées en 1924. De 1924 à 1925, il construisit l'église franciscaine du Bon Berger de Jéricho avec ses annexes et, à la fin des années vingt, il rénova l'église de la Flagellation, via Dolorosa à Jérusa­lem. En 1926, il érigea le site de Terra Santa situé dans le quartier 'Rehavia' de Jérusalem. Au début des années trente, il construisit le monastère des Carmélites de Haïfa. De 1933 à 1937, il passa deux saisons à la restauration du lieu du Golgotha à l'intérieur de l'église du saint Sépulcre à Jérusa­lem. Puis il construisit toujours à Jé­rusalem, le monastère Saint Antoine. De 1937 à 1938, il construisit pour la société missionnaire italienne Italica Gens l'église du mont des Béatitudes et, de 1938 à 1940, il rénova intégralement avec un autre architecte, italien lui aussi, l'église de la Visitation à Ein Karem, et conçut un plan entièrement nouveau pour l'église du saint Sépul­cre, qui lui avait été commandé par le Délégué Apostolique du Vatican. Durant la Seconde Guerre mondiale, Antonio Barluzzi revint en Italie, où il demeura jusqu'en 1947. De 1948 à 1949, il rénova le cloître de l'église franciscaine sainte Catherine de Beth­léem, de 1952 à 1953, il construisit l'église saint Lazare de El-Azariya, en 1954 l'église des Bergers de Beth Sahour et, en 1954-1955, l'église 'Do­minus Flevit' sur le mont des Oliviers à Jérusalem.

La dernière grande œuvre d’Antonio Barluzzi fut la conception d'un plan détaillé pour l'église de l'Annoncia­tion de Nazareth, sur lequel il tra­vailla à partir de 1939. En 1954, fut posée la première pierre de l'église de l'Annonciation, mais le projet de construction fut remis finalement en­tre les mains d'un autre architecte ita­lien, et Antonio Barluzzi quitta Israël en 1958. Antonio Barluzzi est décédé à Rome en 1960.

Etude:

Les deux Livres des Maccabées

I.C.

Il serait malaisé de trouver une étude historique qui soit vraiment objective, étant donné que chaque auteur envi­sage l’Histoire selon ses propres perspectives. Au 19èmc siècle, Michelet ct Taine nous ont chacun laissé un mag­num opus sur le déroulement de la Révolution Française. Mais, il se fait que ces sommes, au demeurant excellentes, arrivent à des conclusions opposées. Dans son Histoire de France, Michelet se laisse souvent submerger par des vues a priori qui le mènent à opposer, dans une sorte de ma­nichéisme politique, un Ancien Régime oppresseur à une Révolution émancipatrice où il semble voir une panacée universelle. Taine, de son côté, interprète, dans Les origi­nes de la France contemporaine, les événements de 1789 comme la source de tous les maux, au point de vouer aux gémonies les promoteurs de la Révolution. Les résultats des travaux de ces deux auteurs sembleraient confirmer que l’Histoire est la plus partiale des sciences.

Vers la même époque, deux auteurs juifs manifestèrent une divergence de vues analogue en abordant l'historio­graphie de leur peuple. Dans Le Judaïsme et son Histoire, Abraham Geiger discernait, au sein même du judaïsme, un besoin inhérent d'envisager, d'un esprit ouvert, l'envi­ronnement de la culture ambiante. Mais, Heinrich Graetz, dans son Histoire des Juifs des origines à nos jours, te­nait des propos moins lénifiants. En soulignant la tension permanente qu'il ne cessait d'observer entre les Juifs et leur entourage, il rappelait aux siens le besoin de maintenir leur spécificité. Tout en recourant fidèlement aux mêmes sources, ces deux auteurs étaient manifestement tributaires d'options sociales et politiques dont se ressentait leur ligne de recherche.

Ces différences d'optique n'étaient pas sans précédent, comme le montre la comparaison des livres de Samuel avec eeux des Chro­niques où certaines omissions sont symptomatiques. Le Chroniqueur cherche à magnifier les hauts faits de David et du Royaume de Juda, au point qu'en établissant le Temple à Sion, Salomon et son père semblent avoir laissé dans l'ombre Moïse et le Sinaï. A cette fin, l'auteur croit bon de passer sous silence des épisodes peu édifiants, pourtant mentionnés aux livres de Samuel. Entre autres, la rébellion de David contre Saül et son alliance avec les Philistins, le conflit avec Nabal, l'époux d'Avigaïl, l'affaire de David avec Bat-Shéva, le meurtre d'Amnon par son demi-frère Absalom. Cette mémoire sélective dénote un souci de mettre en valeur le Royaume du sud et la maison de David après qu'elle eût supplanté celle de Saül issu de la tribu de Benjamin qui s'était établie au nord.

A l’encontre de cette vue orientée, l'auteur des livres de Samuel porte un témoignage de self-critique nationale. Il reconnaît, certes, qu'Israël n'aurait jamais survécu, au niveau politique et culturel, sans la présence rassurante d'une dynastie stable. Mais il ne man­que pas de rappeler tout autant, aux princes de la maison royale et à leurs sujets, qu'ils sont tenus de respecter les standards de la justice prônée par les Prophètes d'Israël.

Bien plus tard, les livres des Macca­bées, dénommés extérieurs par les rabbins et deutérocanoniques dans la tradition ecclésiale, dénotent une telle liberté d'interprétation que l'on pourrait, à la limite, se demander s'ils envisagent les mêmes événements. Mais, le doute se dissipe à la pensée, qu'à l'instar des exemples évoqués plus haut, des idées motrices différentes impulsent ces œuvres.

La tentation grecque

La formation des Ecritures hébraï­ques, telle que nous les connaissons aujourd'hui, a pris fin en -165, avec la parution du Livre de Daniel rédigé en hébreu et en araméen, à l'époque de la dynastie grecque des Séleucides. 1 Maccabées a été composé vers -100 et relate la prise du pouvoir par les Hasmonéens, à la suite des victoires et des conquêtes de Mattathias et de ses fils Yéhouda, Yonathan et Simon Maccabées. Datant de la même épo­que, II Maccabées, se limite à une perspective plus restreinte, centrée sur les hauts faits de Yéhouda, le hé­ros de cette épopée. Ces études his­toriques ont l'une et l'autre survécu dans la version grecque des Septante, avant d'être incorporées par l'Eglise au canon de sa Bible.

Les deux livres en question rappor­tent des événements survenus à par­tir du règne d’Antiochus IV, appelé Epiphane, autrement dit, l'Illustre. Parvenu au trône en –175, il se payait de projets prétentieux et prit des me­sures dont les effets allaient marquer l’'Histoire juive de façon irrémédiable. Ce roi séleucide entendait en effet im­poser les us et coutumes de la culture grecque dans tous les territoires de sa juridiction, de façon à établir un mode unique de gouvernement. Mais, imbu de la notion d'un ordre global auquel on ne pouvait soustraire aucun élé­ment sans déliter l'ensemble, il commit – dans le cas d'Israël – l'erreur fatale d'interpréter un pays étranger d'après des schèmes forgés ailleurs. Comme ce coup de barre suffisait déjà à mettre certains milieux en efferves­cence, le point de non-retour fut atteint en –168 lorsqu’Antiochus IV profana le Temple en y introduisant l’abomi­nation de la désolation, autrement dit, un autel en l’honneur de Zeus Olympien. Un tel sacrilège ne pou­vait mener qu'à l'insurrection, mais la rébellion, déclenchée à Modi‘in en –167 par le prêtre Mattathias et, pour­suivie après sa mort en –166, par son fils Yehouda Maccabée et ses frères, était autant une guerre civile qu'un combat contre les ingérences indésira­bles d'un pouvoir étranger. La révolte visait surtout à chasser l'occupant qui voulait imposer sa culture tout en ex­ploitant sans merci les ressources du pays, mais s'en prenait aussi aux Juifs qui avaient accepté de transiger avec l'ancienne tradition.

Cette révolte fut vite couronnée de succès au point que, dès la fin de –164, la Fête de Hanouka, autrement dit, de l'Inauguration, put être célébrée au Temple de Jérusalem qui, après avoir été profané par les Gentils, fut consa­cré à nouveau au lendemain des pre­mières victoires. 11 reste que, durant un quart de siècle, une garnison à la solde des Séleucides resta installée dans la Citadelle de l’Akra et proté­geait par sa seule présence au cœur de Jérusalem, les Juifs qui avaient em­brassé le mode de vie hellénistique. Conformément à son désir d'unifor­misation, Antiochus IV prit la décision d'imposer un calendrier unique à toutes ses provinces. Cette initia­tive, aux conséquences imprévisibles, consistait à prescrire l'adoption du calendrier lunaire déjà en vigueur en Macédoine. Un tel changement visait à déterminer non seulement le mode de perception des impôts mais la date des solennités cultuelles en l'hon­neur du roi divinisé, selon un usage oriental bien connu. Comme il était à prévoir, les réactions ne se firent pas attendre dans la province de Juda où avait prévalu, pendant des siècles, un calendrier solaire d'inspiration sacer­dotale.

Soucieux de se ménager des collabo­rateurs locaux pour imposer la com­putation grecque, Antiochus Epiphane trouva un allié dans la personne du prêtre Jason ben Simon, frère du Grand Prêtre Onias III. Déjà hellénisé, Jason fut nommé gouverneur du Temple ct de la Ville de Jérusalem ct se proposa, moyennant la dignité de Grand Prêtre, d'aider le roi à appliquer la réforme administrative basée sur le nouveau calendrier tout en faisant de Jérusa­lem une Polis qui prendrait le nom d'Antioche. En -175, le roi séleucide destitua le Grand Prêtre Onias III qui, fidèle à l'idéal de son père Simon le Juste, le Grand Prêtre exem­plaire de la lignée de Sadoq, refusait de soumettre l'admi­nistration du Temple aux caprices d'un pouvoir étranger. Exilé à Antioche de Syrie, il fut remplacé dans la charge de Grand Prêtre par son frère Jason. Dès ce moment un sa­cerdoce déconsidéré officiait dans un Temple où l'autorité dépendait de tractations d'intérêt financier ct stratégique avec la cour séleucide.

Comme un tel arrangement compromettait la paix civile, Antiochus décida en -172 de démettre Jason de ses fonc­tions, au profit de Ménélas qui ne ménageait rien pour ma­nifester son zèle. Dans un contexte aussi inflammable, l'in­surrection ne pouvait être qu'une affaire de temps. Mais, en dépit d'une version patriotique basée sur 1 Mac., où les Maccabées étaient présentés comme les libérateurs d'un joug étranger, les Hasmonéens qui leur succédèrent durent la dignité du sacerdoce suprême - et partant le rôle d'eth­narques - aux bonnes grâces des souverains séleucides, héritiers d'Antiochus IV, en échange d'une collaboration politique ct militaire.

A vrai dire, le sacerdoce hasmonéen n'avait aucune justification biblique puisqu'il ne présentait aucune solution de continuité avec la lignée sadoquite. Les Grands Prêtres de cette dynastie, appelés depuis les règnes de David et de Sa­lomon, les fils de Sadoq, s'étaient succédés sans interrup­tion depuis Aaron ben Amran jusqu'aux jours de Saria qui fut témoin de la destruction du Premier Temple en -587. Son petit-fils, Iehoshua ben Yehotsedek devint le premier Grand Prêtre du Second Temple - restauré au retour de l'Exil en -515 - et ses descendants directs lui succédèrent jusqu'à la fin du pontificat d'Onias III en-175.

Tant aux yeux des Juifs que des étrangers, le Grand Prêtre passait pour le leader religieux et politique de la nation. I Mac. rapporte qu'en –140, une assemblée tenue à Jérusa­lem conféra à Simon ben Mattathias la dignité de Président, Grand Prêtre et Commandant suprême de la nation juive, en précisant qu'elle était transmissible à ses descendants. De façon symptomatique, I Mac., tout en étant le seul do­cument à rapporter la décision prise en –140, n'a jamais eu l'honneur d'être transmis dans son original hébreu.

Une chronique orientée

Un livre religieux, voire sacré, n'en est pas moins le fruit d'une entreprise où l'humain a sa part. Tout au long de la reconstitution des faits d'une époque, on peut parfois se sentir entraîné dans les méandres d'une chronique orientée où la signification des événements procède de leur fin. A la limite, on aurait l'impression que l'Histoire tend à évoquer les tempêtes dont elle se souvient dans un moment de calme. Force est de reconnaître qu'elle trahit bien souvent un manque compensé par un rêve imaginaire, du fait de la tendance à reconstruire le passé avec les nostalgies du présent.

Tout en se référant aux mêmes événements, les deux li­vres des Maccabées présentent des différences notables de ton ct de perspective qu'il est expédient de comparer pour en dégager les intentions profondes. Même traduit en grec, I Mac. conserve la marque d'une source sémitique qui le différencie de II Mac. où affleurent constamment les sophistications d'un courant de pensée hellénistique. De plus, si I Mac.se limite à l'horizon de la province de Juda, II Mac. suppose une orientation axée sur la Diaspora. Finalement, I Mac. exalte la prééminence de la tribu de Juda, tandis que II Mac. se montre plus préoccupé du sort du judaïsme en général.

L'hébreu face au grec

I Mac. couvre une période d'une quarantaine d'années, allant de l'avènement d'Antiochus Epiphane en –175 jus­qu'à la mort de Simon ben Mattathias et de ses deux fils traîtreusement massacrés dans la forteresse de Dok, près de Jéricho en –134. Ecrit en hébreu biblique, probablement par un auteur résidant à Jérusalem vers –100, l'original a été perdu et nous est parvenu dans la traduction grecque des Septante. Le texte est truffé d'allusions aux récits bi­bliques et semble leur être redevable d'un style empreint de réserve.

Réduisant la perspective, II Mac. se limite à une quinzai­ne d'années, allant de –175 à la mort de Juda Maccabée, tombé au combat d’Elasa, au nord de Jérusalem, en –161. Epris de culture hellénistique, l'auteur écrit, sans doute à Alexandrie vers –100, une œuvre grecque dont l'original a été conservé. Si les allusions à la littérature classique de l’Hellade fourmillent, les références à la Bible sont des plus clairsemées. Le style, souvent pathétique, n'hésite pas à faire sensation.

Israël face à la Diaspora

I Mac. manifeste un intérêt marqué pour la géographie ct la topographie d'Israël dont il parle en connaissance de cause. Il insiste principalement sur les faits et gestes des fondateurs de la dynastie hasmonéenne, présentés comme victimes de potentats étrangers, selon le schème bien connu des Gentils harassant les Juifs. Dans une société divisée en factions rivales, les héros du jour sont des hommes de guerre qui sauvent l’honneur de la nation et n'hésitent pas, en cas de besoin, à combattre le jour du Shabbat.

II Mac. mentionne peu les données topographiques d'Is­raël, tout en manifestant un intérêt non dissimulé pour la Ville Sainte. Les rois étrangers sont à l'occasion louables et bien disposés à l'égard des Juifs qui jouissent habituel­lement de la sympathie des peuples d'alentour. La société juive présente un front unifié, à part quelques éléments marginaux dont le comportement est à déplorer. Les héros sont les martyrs dont l'exemple sera source d'inspiration pour les générations à venir. La gravité, voire l'interdiction de combattre le jour du Shabbat sont l'objet de mentions réitérées.

Juda face au Judaïsme

I Mac. ne mentionne pas nos péchés comme cause éven­tuelle d'une épreuve qui est due tout simplement à l'hosti­lité des païens. L'heure du destin peut se montrer favorable aux autres ou à nous selon le cas. Tout en étant animés de bonnes intentions, les martyrs ne solutionnent aucun problème. L'auteur ne mentionne pas de miracles et prend bien soin de rappeler à trois reprises qu'il n'y a plus de prophètes, tout en suggérant que Yehouda Maccabée et ses guerriers sont les instruments de la colère céleste.

En dépit de son importance aux yeux des Sages, le pro­blème de la rétribution - où les bonnes œuvres sont sanc­tionnées par une récompense - n'est jamais évoqué. Les prières sont rares, spécialement après le chapitre 5 qui s'ouvre sur l'intervention de Yehouda Maccabées. Si le Nom de Dieu n'est jamais mentionné, les dénominations Elohim et les Cieux sont quasi inusitées après l'entrée en scène du héros.

II Mac. rappelle que nos péchés ont provoqué la colère de Dieu qui peut détourner sa Face au moment des épreuves. La Providence intervient certes à travers les succès mais ne doit pas être oubliée dans les contrariétés. Le sang des martyrs a valeur d'expiation en sorte que le Très-Haut pas­se de la colère à la pitié pour accompagner Israël dans sa miséricorde. Les manifestations surnaturelles contribuent à rappeler la présence secourable de Dieu et des anges. Dans un tel contexte, on ne saurait s'étonner de voir les idées du Cantique: «Cieux prêtez l'oreille!» [Héb. Haazi­nou ha-shamaïm] (Deutéronome 32), apparaître en filigrane tout au long du récit. Ce Chant est du reste cité explicite­ment pour rappeler que «Dieu aura pitié de ses serviteurs» (II Mac. 7,6). A l'instar du Psalmiste ct de plusieurs Pro­phètes, l'auteur exalte la puissance du Dieu d'Israël qui ne cesse de porter secours à son peuple. Finalement, la pers­pective tend à dépasser l'horizon de la province de Juda pour envisager le destin même du judaïsme.

La croyance en la rétribution est mentionnée maintes fois, ne serait-ce que par allusion, de façon à manifester l'effi­cacité de la protection divine. Les prières sont nombreuses et ne manquent pas d'être exaucées par une Providence tutélaire dont l'intervention est rappelée à plusieurs re­prises. Dans cette ambiance spirituelle, survient un fait jamais mentionné dans la Bible hébraïque au sujet d'un homme «réuni à ses pères». En effet, le Prophète qui avait tellement aidé les siens à surmonter les épreuves de l'exil apparaît en songe à Yehouda au moment où une voix dé­clare: «Cet homme, Jérémie, est l'ami de ses frères. Il prie beaucoup pour le peuple et pour toute la Ville Sainte. « (II Mac. 7,6).

La fin d'un Royaume

Les Sages d'obédience pharisienne, préposés à la fixation du canon biblique, crurent bon de ne pas y introduire I & II Mac. où l'on percevait l'écho des débuts de la saga hasmonéenne, En gardant une attitude réservée vis à vis de tant de récits guerriers, ces maîtres à penser auraient probablement souscrit au dicton d'Erasme, selon lequel: Dulce bellum inexpertis !, autrement dit: "la guerre est douce à ceux qui ne la font pas!"

Ils ne pouvaient oublier non plus, qu'à l'instar des Séleu­cides, les souverains hasmonéens ne faisaient pas dans la dentelle, d'autant que huit cent pharisiens, accusés d'avoir contesté les idées du moment, avaient été pendus ou cru­cifiés. On comprend que, dans ces conditions, le souvenir de la révolte, transmis à la postérité rabbinique, ait pu se limiter à la Fête de Hanouka destinée à commémorer la reprise du culte traditionnel au mont Sion.

Les Pharisiens, dont l'influence était loin d'être négligea­ble, se rendaient compte que l'épopée maccabéenne avait porté au pouvoir des leaders juifs qui finirent par revêtir la pourpre des rois grecs. Il eût certes été difficile de ne pas succomber aux attraits des restes de l'Empire d'Alexandre, dont les confins touchaient l'Asie, l’Europe et l'Afrique. Une culture européenne, soudain fécondée par l'Orient, eut en effet le don de faire éclore, à ce moment, des fleurs exotiques qui allaient inspirer toute une civilisation. Dans le sillage des conquêtes du roi de Macédoine, le charme printanier du miracle grec se mit à irradier dans tous les domaines en offrant une vision renouvelée du monde. Véritable enfant de la Méditerranée, il allait laisser, de l'Oronte à l'Indus, une marque indélébile sur l'univers religieux ct culturel des peuples orientaux les plus disparates.

Si les gouvernants hasmonéens finirent par s'emparer d'un vaste territoire où le judaïsme était loin d'être majoritaire, il s'agissait en fait d'un royaume d'apparence hellène, dans sa titulature ct sa composition, au point qu'en -104, le Grand prêtre Aristobule 1 pouvait se rengorger de por­ter le titre de Philhellène. Portant à la fois des noms grecs et juifs, ces souverains au petit pied frappaient monnaie à leur nom ... voire à leur effigie. Toute l'organisation de leur pouvoir civil et militaire, nonobstant l'écrasante pré­sence du Temple, reposait sur des modèles étrangers. De tels bouleversements n'étaient pas sans causer de l'irrita­tion, car, une fois parvenus au trône de David, ces roitelets se contentaient de perpétuer, dans un décor provincial, des idées venues d'ailleurs.

Les Hasmonéens en arrivaient à imiter les rois grecs, jus­que dans les intrigues de leurs dissensions familiales. Mais, le jour vint où deux princes rivaux de la maison royale, Hyrcan et Aristobule, commirent l'erreur fatale d'oublier que le premier précepte de l'ambition est de ne pas la mon­trer. Néfastes l'un pour l'autre ct prisonniers d'un horizon étroit, ces frères eurent en effet l'imprudence de recourir au Grand Pompée – qui venait d'établir ses quartiers en Syrie – pour trancher le problème de la succession au trône. Représentant d'une puissance qui prenait de plus en plus intérêt à un pays situé au carrefour de trois continents et, de surcroît, susceptible de servir de zone tampon face à la présence menaçante des Parthes, à l'est de l'Euphrate, le Consul ne manqua pas de saisir l'occasion au vol. En – 63, il monta à Jérusalem en grand arroi, puis, intrigué par le caractère mystérieux du Sanctuaire, il vint au Tem­ple et pénétra dans le Saint des Saints, tout en se gardant de ne rien y toucher. Mais, à la sortie, l'Imperator dont le péché mignon n'était pas la complaisance, scella le destin de la Ville Sainte en la livrant aux légions qui n'en firent qu'une bouchée. Sans trop de surprise, on se rendit compte, qu'une fois sur place, les Romains s'y complurent au point de vouloir y rester. Mais, comme la prière à l'étoile la fait briller, le souvenir de la Cité de David allait encourager l'âme sans cesse renaissante d'Israël à entretenir l'espoir d'y revenir un jour.

Le dénouement imprévu de cette page d'Histoire semblait montrer qu'on avait oublié ce qu'un écrivain israélien al­lait rappeler, deux mille ans plus tard, dans La rose de Jé­richo, d'Amos Kenan :

«L 'Histoire de la Grèce décrit un contact entre le vent de la mer et l'écume des vagues, tandis que la destinée d'Is­raël dépend d'une rencontre entre le souffle d'en haut et l'herbe d'en bas. »  Il est vrai qu'en abordant la terre des Prophètes, on a l'impression de pénétrer dans un monde à part où l'on pourrait penser que si les philosophes parlent avec les Grecs des principes de raison pure, les anges, eux, descendent parfois chez les Juifs pour leur tenir des propos mystérieux.

Flashes d'espoir:

Des jeunes juifs et arabes font du théâtre

Cécile Pilverdier

Un groupe d'adolescents juifs et arabes des écoles de Tira et de Kfar Saba travaillent à monter ensemble une pièce de théâtre d'après le livre «Pocahontas». Le but du projet initié par les «Enfants de la paix» est de faire progresser la fraternité entre les citoyens juifs et arabes en Israël au moyen du théâtre.

La pièce «Pocahontas, John et nous», traite de l'histoire de citoyens anglais qui sont arrivés dans «Le Nouveau Monde» au nord de l'Amérique, il y a plusieurs centaines d'années, pour ériger des colonies dans un but pré­cis: la conquête de l'or. Ces nouveaux venus se sont opposés aux Indiens du lieu. Cette fois-ci, cette histoire bien connue sera montée sur les planches par un groupe de jeunes du collège Amal de la localité arabe israélien­ne de Tira et des collèges Herzog et Kalznelson de Kfar Saba.

Le choix de cette pièce n'est pas ano­din. En effet cette celle-ci met en scène un conflit inévitable. La distribution des acteurs n'échappe pas au facteur juif-arabe, et les rôles des personna­ges importants ont été chaque fois distribués à un groupe différent; et c'est ainsi que Pocahontas parle parfois hé­breu et parfois arabe. L'histoire com­porte deux personnages principaux : John Smith l'Anglais et Pocahontas l'Indien, qui construisent ensemble un pont compliqué de relations amicales, pont qui finalement leur procurera une joie certaine.

L'association des «Enfants de la paix», qui lance ce projet, est née en 1988. Elle agit à travers le théâtre. Elle a pour but premier de faire avan­cer la paix entre les citoyens arabes et juifs en Israël. L'association est active dans les écoles juives et arabes qui sont géographiquement proches et touche les classes de Troisième et de Seconde. Les adolescents se rencon­trent chaque semaine pour se connaî­tre, créer des liens d'amitié et de res­pect mutuel. Le projet essentiel est de monter une pièce bilingue, fruit des expériences accumulées au cours de leurs rencontres.

«Créer une activité qui respecte les deux côtés et rapproche malgré les méfiances et les préjugés n'est pas facile», déclare Messila Levin Boskovitsh, la directrice de l'association «Les Enfants de la Paix. «Les jeunes font face à de nombreux problèmes et s'y confrontent courageusement. Mais à la fin, lorsque la scène s'illu­mine et que les jeunes acteurs sont sur les planches, ils vivent une très forte émotion qui attire frères, amis, pro­fesseurs et directeurs des écoles, mais également un public nombreux».

«Je pense que notre groupe, juif et arabe, ne représente pas quelque cho­se d'objectif», déclare Ham Meguini, l'un des jeunes qui participe au projet. «Nous sommes tous ici des enfants concernés et qui veulent faire cette paix, mais il y en a beaucoup d'autres qui veulent le contraire, qui n'en veu­lent pas, alors ça ne représente rien. Le fait que nous réussissions, je ne sais pas si cela aura une quelconque influence, mais cela montrera aux gens que c'est possible! Mais c'est possible! C'est toujours possible! Et tout le monde sait que c'est possible ! mais, tout simplement, on ne veut pas ... ».

Histoire:

Il y a 50 ans, Jules Isaac rencontrait Jean XXIIII à Rome

Thérèse Andrevon

Lundi 13 juin 1960, 13h.45, l'histo­rien juif  Jules Isaac, pénètre dans le bureau-bibliothèque du pape Jean XXIII, au titre de Président d'Honneur – avec Jacques Maritain – de l'Amitié judéo-chrétienne de France.

Cc vieil homme de 83 ans arrive au terme de sa vie, et accomplit l'ul­time tâche qu'il s'est donnée, depuis sa mise au ban de la société comme juif en 1940, la déportation de sa femme, de sa fille, de son fils et de son gendre. Laure Isaac lui avait écrit depuis Drancy le 27 octobre 1943 : « Mon ami, garde-toi pour nous, aie confiance et finis ton œuvre que le monde attend ». Cette œuvre il la met en route durant les années où il se ca­che. Jules Isaac lit l'Evangile en grec. Il acquiert la conviction que l'antisé­mitisme chrétien est une infidélité à Jésus. Il se met alors à écrire Jésus et Israël « Ce fut une très forte impulsion à quoi j 'ai obéi» dit-il, et « plus qu'un livre, le début d'une action engagée, d'un combat qui me prit tout entier ; même combat que les précédents, pour la paix, la vérité, mais cette fois sur le plan de l'histoire religieuse ». Car Jules Isaac dont la devise est pro veritate pugnator (combattant pour la vérité), est avant tout un amant de la vérité, amour qu'il a forgé aux côtés de Péguy, son grand ami. Historien engagé, il a beaucoup écrit, s'est in­téressé à tous les débats de son épo­que, a été l'infatigable rédacteur des manuels scolaires Malet-Isaac. Lors de la remise de prix de la fraternité re­mis par le MRAP (mouvement contre l'antisémitisme, le racisme et pour la paix) en 1959, il dit de lui: « J'ai une réputation de bagarreur. [ ... ] Je suis un vieux dreyfusard. [ ... ] La vérité est devenue ma règle d'or, la libre et scrupuleuse recherche de la vérité, la loi de ma vie. [ ... ] Somme toute, je crois que j'ai été un bagarreur assez fraternel ».

Sa lutte contre l'antisémitisme est donc avant tout une œuvre de vérité, non de religion, bien que ce dernier combat ne l'ait pas laissé indemne, mais sans en faire pour autant un croyant, comme il l'écrit à son fils aîné en 1954 : « Je n'ai pas renoué mes liens religieux avec Israël (liens d'ailleurs qui n'existaient pas) mais j'ai renoué, par la force des circonstan­ces et de l'action entreprise, mes liens spirituels. Le Nouveau Testament m'a révélé la grandeur de l'Ancien. Et la spiritualité juive est à travers les siè­cles une des plus nobles qui soient. Cela ne m'empêche nullement de res­ter ce que j'étais jadis exclusivement: un humaniste ».

Son œuvre ne s'est pas cantonnée à écrire dans une bibliothèque. Acteur essentiel de la conférence de Seelis­berg en 1947, il a de nombreuses rela­tions, avec des prélats catholiques tels que Mgr de Provenchères archevêque d'Aix en Provence, le cardinal Liénart de Lille, et Mgr Elchinger de Stras­bourg, des prêtres et des religieux comme Paul Démann, ou Daniélou. Il est connu dans le milieu juif, par le Grand Rabbin Kaplan, Edmond Fleg, André Chouraqui, André Neher. Il tra­vaille depuis des années, sur le sujet de l'antisémitisme avec la rigueur de l'historien. C'est donc un homme cré­dible par son action, sa droiture et son autorité personnelle, qui pénètre dans le bureau du pape en ce lundi du mois de juin, pour une audience qui a été préparée depuis huit mois. Ce n'est pas la première fois qu'il rencontre un pape, puisqu'en octobre 1949 il avait eu un très court échange avec Pie XII et lui avait remis les 10 points de See­lisberg. Mais cette fois-ci l'audience peut être décisive, car Jean XXIII a convoqué un Concile.

Livre:

« Le salut vient des Juifs »,  

Agnès Staes

Bernard Fauvarque, jésuite résidant à Lille, nous offre un petit ouvrage remarquable pour une première approche de la relation judéo-chrétien­ne. Il ne fait pas double em­ploi avec des livres plus spé­cialisés. « Je ne suis pas un théologien, ni un exégète ni un historien», prévient-il «je suis un pasteur du terrain, j'ai rencontré des amis, des chrétiens et des Juifs. Grâce à eux j'ai ouvert les yeux. »

(Article de la Croix du Nord octobre 2009).

De façon très pédagogique, après avoir retracé rapidement l'histoire, il aide les chrétiens à convertir le regard qu'ils portent sur le peuple juif en cherchant à mieux le connaître: sa vie, sa spiritualité, les valeurs qu'il porte (transmission, mémoire, temps ... ), ses fêtes, l'importance de la Tora, la bénédic­tion ... Toutes choses dont les chrétiens ont hérité. Ce tournant a été effectué dans l'église catholique depuis Vatican II, il faut maintenant que chaque catholique s'en empare ! « Im­possible de se dire chrétien sans reconnaître le don de Dieu fait à Israël. Il s'agit là d'un change­ment théologique énorme qui ne peut être remis en cause. »

Sans relâche il remet le lecteur en question en proposant une série de réflexions de toute nature comme le regard sur l'Etat d'Israël, l'éducation des enfants ... Comme le vocabulaire habituel est souvent porteur de malentendus, il offre un petit glossaire pour bien saisir le sens de mots comme ac­complissement, alliance, élection ...

Ce livre est très pratique: Que peut­-on faire concrètement? B. Fauvarque nous propose des pistes comme l'élar­gissement de notre prière, des actions concrètes: rencontres, visites, débats. En annexe l'ouvrage ouvre d'autres horizons : renseignements sur les or­ganisations de dialogue judéo-chré­tien, chronologie et textes principaux depuis Vatican II, comment apprendre 1’hébreu, explication des fêtes juives, bibliographie, liste de médias juifs et judéo-chrétiens ...

B. Fauvarque porte fortement l'urgen­ce de la sensibilisation de l'ensemble du peuple chrétien. Ce petit ouvrage est une réussite! Offrez ce livre à tous vos amis!

Un texte de JeanIlel  proposé dans ce livre, p 48.

Agnès Staes

Etre Juif, ce n'est pas seulement Etre né Juif

Etre Juif, ce n'est pas seulement Dire je suis Juif

Etre Juif, ce n'est pas seulement Célébrer Kippour ou Pessah Etre Juif ce n'est pas seulement

Monter sur les bûchers fumants des siècles.

Etre Juif ce n'est pas seulement

Ecraser sept armées d'une main vaillante.

Etre Juif ce n'est pas seulement

Tailler la verte cité du désert rocailleux

Etre Juif ce n'est pas seulement

Défendre et célébrer les droits et les devoirs humains.

Etre Juif, c'est encore et encore.

Etre Juif, c'est monter par le chemin

Vers le plus haut sommet

C'est clamer vers les sentiers ténébreux Ecoutez, fils de la terre, l'Eternel est notre Dieu, Un est l'Eternel.

HUMOUR  en finale : 10 000 shekels

Rédaction

Un archéologue qui faisait des fouilles dans le désert du Néguev en Israël fit un jour une découverte extraordinaire. À l'intérieur d'un caveau, il découvrit une sorte de sarcophage contenant un corps momifié.

Aussitôt l'archéologue examine la momie avec tous les moyens dont il dispose, puis il appelle le conservateur du musée de Jérusalem: «Je viens de découvrir une momie vieille de 3000 ans. Il s'agit d'un jeune homme qui est mort d'une crise cardiaque !»

Le conservateur du musée est enthousiaste: « C'est exceptionnel. Il faut vite amener la momie ici pour qu'on vérifie tout ça !»

Une semaine plus tard, la momie arrive dans le laboratoire du musée. Le conservateur et une équipe de scientifiques procèdent à leurs propres examens, puis, au bout de trois mois, le conservateur appelle l'archéologue pour lui donner le résultat:

«Vous aviez tout à fait raison pour l'âge de la momie, ainsi que pour la cause de la mort. C'est incroyable, comment avez-vous fait pour deviner tout ça ?» Facile. Le corps momifié tenait un bout de papier dans sa main où il était écrit: «10.000 Shekels sur Goliath».